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Pourrissement de la situation sécuritaire au Burkina : MACRON, comme HOLLANDE ?
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10 morts à gauche, 20 morts à droite…trois ans après les premiers attentats terroristes de 2016, la crise sécuritaire au Burkina Faso est en train de devenir une véritable gangrène qui menace de ronger toute la sous-région Ouest-Africaine. Si l’on était en droit d’entrevoir une reprise en main de la situation par le régime en place à Ouaga après les changements opérées à la tête des institutions armées et politiques au lendemain des atrocités de Yirgou, la multiplication effrénée et le caractère de plus en plus audacieux des attaques djihadistes donne de faire le triste constat de l’impuissance des autorités Burkinabè à gérer une situation à laquelle, tout indique, qu’ils n’étaient aucunement préparés , en dépit du pourrissement, pourtant annonciateur, du climat sécuritaire dans toute la région sahélienne, à la suite de l’éclatement de la crise armée en Libye. On change les pions, mais sans avoir en ligne de mire une stratégie d’action claire, susceptible de mettre en déroute ou ne serait-ce que d’inquiéter les sbires d’Al Baghdadi, (Chef de l’Etat Islamique) qui avec le temps, ont fini par se rendre compte de l’impréparation flagrante des systèmes de défense au Burkina et au Mali, qu’ils sont convaincus, en tout cas , dans le premier cas, de pouvoir terrasser à l’usure grâce à une stratégie de grignotage minutieux du territoire Burkinabè. Non, les nouvelles en provenance du front ne sont pas du tout rassurantes.

 

Après avoir testé la perspicacité des renseignements généraux Burkinabè, les JIhadistes ont compris qu’il leur fallait mener des attaques armées sporadiques à partir des zones septentrionales favorables à leur message salafiste. Cette deuxième étape franchie, il ne leur restait plus qu’à narguer les Forces de Défense et de Sécurité, mal équipées et mal encadrées, qu’ils auront réussi à confiner dans une posture défensive. Pour l’heure, force est de reconnaître que les déstabilisateurs ont vu plutôt juste, puisque dans certaines zones, l’armée et les forces de sécurité ont même été contraintes de déserter. Désormais, régnant en maîtres absolus sur des portions entières du territoire Burkinabè, les Djihadistes se sont engagés depuis quelques semaines dans une nouvelle phase d’accomplissement de leur projet sinistre. Enlèvements de religieux, massacres de fidèles chrétiens…le tout, accompagné d’une tentative d’effritement des zones frontalières du Burkina Faso, ce qui, comme on le constate leur aura permis de mener plusieurs attaques vers des pays voisins, à partir du territoire Burkinabè, qui par la force des choses est devenue une base arrière pour ces hordes terroristes.

 

Jusqu’à présent, la communauté internationale, incarnée par les grandes puissances avec à leur tête la France, pour ce qui concerne le pays francophone qu’est le Burkina Faso, sont restées assez prudentes quant à la gestion du dossier Burkinabè. Cette attitude de Paris, puisque dans le cas d’espèce, la clé de toute initiative majeure au niveau international est détenue par le Quai d’Orsay, rappelle insidieusement la méthode utilisée par François Hollande dans le traitement de la crise Malienne. Entre appuis logistiques et intervention directe, la France d’Emmanuel MACRON, soutenue derrière par l’Union Européenne, semble opter pour l’instant pour une démarche particulièrement prudente, de peur d’être accusée d’interventionnisme. En effet, le climat n’y est pas très propice en ce moment, avec la propagande souverainiste qui s’est emparé du continent depuis quelques années sur fond de débat, parfois, mal maîtrisés. Seulement, au risque d’assister coupable à une désintégration du Burkina et au-delà, de toute l’Afrique de l’ouest francophone, il faudra bien pour l’actuel locataire de l’Elysée, imiter son prédécesseur, en lançant une autre opération, de type ‘’Serval’’, à la Burkinabè, pour freiner les ardeurs des terroristes et permettre aux autorités de Ouagadougou de refaire surface dans ce conflit qui est en train d’essorer les capacités de résilience de l’appareil sécuritaire Burkinabè.

 

Raoul MOBIO, netafrique.net


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